Envie de…

Vous parler de la dépendance affective.

 

Difficile à identifier tant elle se rapproche de l’attachement. En terme de mouvement, l’attachement pourrait ressembler à un beau mouvement du cœur vers l’autre, une envie de partager, une forme de complicité vécue à deux. Alors, que comme son nom l’indique, la dépendance affective est un signe de dysfonctionnement relationnel, dans lequel vous dépendez de l’autre, jusqu’à conditionner votre comportement, dans le seul soucis de lui plaire et surtout … de ne pas le perdre. Cette peur de perdre va se jouer et se jouer encore comme un disque rayé coincé dans le même sillon.

La relation thérapeutique en Gestalt va explorer ce qui se passerait pour vous dans tous les scenarii possibles, y compris celui de perdre l’autre ?

Dans le travail que je propose, il est question de reprendre doucement de l’autonomie par rapport à la perspective de perte et plus généralement la liberté d’être dans toute forme de relation.


Partager quelque chose de l’énergie de vie.

 

Ce matin, j’ai suffisamment de temps entre deux consultations. Je décide de passer voir une amie. Lorsque je tape à sa porte, je réalise que je ne l’ai pas prévenue de mon envie de la voir et l’idée me traverse qu’elle puisse ne pas être là. Mais comme je viens de suivre mon envie, elle m’ouvre la porte.

Mon amie ne cesse de se plaindre, de tout et du reste. Bien connecté à moi dans cette relation amicale, je réalise que tout ce qu’elle me raconte ne me touche pas. Je suis juste là avec elle, une lumière forte traverse son salon et crée un halo dans ses cheveux. Ca, ça me touche dans l’instant. Je la coupe et partage ce que je vois dans la pièce. Elle se retourne, regarde et sourit. Nous sommes enfin ensemble.


Voir un film autour du deuil.

 

Dans son titre français, le film « beauté cachée » parle du deuil et de ses conséquences.

Un homme puissant et charismatique, chef d’une entreprise de communication new-yorkaise, créateur d’une méthode d’approche très spécifique et efficace autour du comportement et des besoins des consommateurs, est reconnu de tous. Il a tout, la gloire, la puissance, la reconnaissance et un seul enfant, une petite fille qui la fascine et dont il a tout à découvrir et à transmettre. Face à la maladie dont elle souffre, cet homme ne peut rien et doit assister à son affaiblissement jusqu’à son inéluctable fin. Dans ce film d’un scénario assez classique mais suffisamment fin pour ne pas en faire trop en terme émotionnel, nous voyons comment la perte d’un être cher peut entraîner celui qui en souffre au renoncement de tout. Howard Inlet va s’enfermer chez lui, totalement prostré, coupant les seuls liens qui aurait encore pu lui permettre encore de s’accrocher à la vie, sa femme et son travail. Il est juste là, dans l’incompréhension de ce qui lui arrive, une des première étape du deuil, le déni, l’impossibilité d’accepter le départ de sa fille. Il survit plus qu’il ne vit.

Je vous encourage à voir ce film sans le moindre à priori. Comme beaucoup de films américains, il va à l’essentiel et cet essentiel est bien suffisant. Il nous montre, non seulement comment la première étape d’un deuil est importante et longue. Et être tenté de tomber dans la sur-activité ni changera rien. Un deuil ne s’évite pas, il faut le traverser. Il montre aussi comment la perte nous renvoie au sens même de notre vie, aux questionnements qui s’y associent et aux décisions de changement de cap que nous choisissons parfois de prendre. La perte, le deuil d’une vie, non seulement nous renvoie à nos propres fragilités, mais à la conscience du chemin que nous parcourons tous entre notre arrivée au monde et la conscience de notre mort, inéluctable.

Dans mon travail, j’accompagne beaucoup de mes clients dans des deuils, non seulement de personnes qui leurs sont chers et qui ne sont plus, mais aussi des deuils de séparations, avec quelques couples qui viennent me voir pour se séparer « proprement ».

En fait, mes clients ont souvent un deuil à faire, sur des idées reçues ou transmises qui n’ont plus de sens pour eux, sur la perte d’un emploi et l’insécurité que cela engendre, sur toute forme d’idéalisation qui ne résistent pas à l’épreuve du réel, jusqu’à la nécessité de changer quelque chose d’eux-mêmes, pour ne plus occuper la place de celui qui souffre sur la scène de leur vie.

Ce film est un bel hymne à la vie, envers et contre tout.