Envie de... - Gestalt-Thérapie Bernard Elie Sebban

Envie de…

Vous parler de la dépendance affective.

 

La dépendance comme l’attachement ne sont pas des maladies mais des besoins liés à la nature humaine.

Que quelqu’un boîte et il va dépendre de la canne qui le soutient. On dépend tous de nos origines pour répondre à une question bien légitime : « D’où je viens ? ». Évidement, cette recherche répond à une autre question : « Qui je suis ? ». Dans cette recherche qui pourrait nous embarquer sur l’origine même de l’être, notre premier repère, le plus simple est lié à ceux qui nous ont directement créés, nos parents. Ceux même qui nous guident, nous accompagnent, nous transmettent.

Au fond, qu’importe l’âge, quand il y a « bobo », il y a quelqu’un à l’intérieur de nous qui crie « Maman, bobo ». La notion de dépendance et d’attachement se complique lorsque la figure d’attachement se rattache à l’autre, cet autre avec sa propre histoire et si différent de vous, qui ne peut pas toujours répondre à vos demandes d’amour liées à votre attachement, tout du moins comme vous l’auriez fait pour lui. Alors, vos bras grands ouverts en demande de nourriture affective, ne recevant pas la quantité souhaitée ou si peu, finissent par se refermer sur rien, sur du vide.
Frustré, vous allez chercher ailleurs, cette nourriture si précieuse, pour trouver celui où celle qui pourra remplir cette tâche. À force de chercher sans jamais trouver, vous finissez par tomber dans une forme de dépendance affective, prêt à tout pour obtenir ce que vous cherchez, jusqu’à devenir dépendant de l’autre, jusqu’a vous oublier dans la relation pour vous fondre dans les désirs de l’autre. La « miette d’amour » devient alors aussi précieuse que le diamant le plus pur, il y a ceux qui le recherchent et ceux qui l’exploitent. Cette mécanique à deux devient infernale quand les places se figent entre vous qui demandez et l’autre qui ne donne pas. Que cela soit en thérapie de couple ou en thérapie individuelle, si vous êtes victime de votre dépendance affective à l’autre, vous ne pouvez pas aller vers de l’autonomie affective. Vous aurez besoin de remplacer cette dépendance affective vers un autre objet d’amour plus acceptable pour vous et une relation plus agréable à vivre.
Quand à l’autonomie affective dans une vie en couple, elle ne parle pas de renoncement à l’attachement, car c’est dans votre nature et dans la nature de tous de s’attacher, d’aimer et de tenir à l’autre. Mais dans cette relation fluide, le besoin et les mouvements d’amour circulent librement. Se sentir libre d’aimer et de pouvoir s’appuyer sur l’autre … sans en dépendre. C’est tout l’enjeu de votre liberté. Et je suis prêt à vous accompagner vers cette belle liberté.


Partager quelque chose de l’énergie de vie.

 

Ce matin, j’ai suffisamment de temps entre deux consultations. Je décide de passer voir une amie. Lorsque je tape à sa porte, je réalise que je ne l’ai pas prévenue de mon envie de la voir et l’idée me traverse qu’elle puisse ne pas être là. Mais comme je viens de suivre mon envie, elle m’ouvre la porte.

Mon amie ne cesse de se plaindre, de tout et du reste. Bien connecté à moi dans cette relation amicale, je réalise que tout ce qu’elle me raconte ne me touche pas. Je suis juste là avec elle, une lumière forte traverse son salon et crée un halo dans ses cheveux. Ca, ça me touche dans l’instant. Je la coupe et partage ce que je vois dans la pièce. Elle se retourne, regarde et sourit. Nous sommes enfin ensemble.


Voir un film autour du deuil.

 

Dans son titre français, le film « beauté cachée » parle du deuil et de ses conséquences.

Un homme puissant et charismatique, chef d’une entreprise de communication new-yorkaise, créateur d’une méthode d’approche très spécifique et efficace autour du comportement et des besoins des consommateurs, est reconnu de tous. Il a tout, la gloire, la puissance, la reconnaissance et un seul enfant, une petite fille qui la fascine et dont il a tout à découvrir et à transmettre. Face à la maladie dont elle souffre, cet homme ne peut rien et doit assister à son affaiblissement jusqu’à son inéluctable fin. Dans ce film d’un scénario assez classique mais suffisamment fin pour ne pas en faire trop en terme émotionnel, nous voyons comment la perte d’un être cher peut entraîner celui qui en souffre au renoncement de tout. Howard Inlet va s’enfermer chez lui, totalement prostré, coupant les seuls liens qui aurait encore pu lui permettre encore de s’accrocher à la vie, sa femme et son travail. Il est juste là, dans l’incompréhension de ce qui lui arrive, une des première étape du deuil, le déni, l’impossibilité d’accepter le départ de sa fille. Il survit plus qu’il ne vit.

Je vous encourage à voir ce film sans le moindre à priori. Comme beaucoup de films américains, il va à l’essentiel et cet essentiel est bien suffisant. Il nous montre, non seulement comment la première étape d’un deuil est importante et longue. Et être tenté de tomber dans la sur-activité ni changera rien. Un deuil ne s’évite pas, il faut le traverser. Il montre aussi comment la perte nous renvoie au sens même de notre vie, aux questionnements qui s’y associent et aux décisions de changement de cap que nous choisissons parfois de prendre. La perte, le deuil d’une vie, non seulement nous renvoie à nos propres fragilités, mais à la conscience du chemin que nous parcourons tous entre notre arrivée au monde et la conscience de notre mort, inéluctable.

Dans mon travail, j’accompagne beaucoup de mes clients dans des deuils, non seulement de personnes qui leurs sont chers et qui ne sont plus, mais aussi des deuils de séparations, avec quelques couples qui viennent me voir pour se séparer « proprement ».

En fait, mes clients ont souvent un deuil à faire, sur des idées reçues ou transmises qui n’ont plus de sens pour eux, sur la perte d’un emploi et l’insécurité que cela engendre, sur toute forme d’idéalisation qui ne résistent pas à l’épreuve du réel, jusqu’à la nécessité de changer quelque chose d’eux-mêmes, pour ne plus occuper la place de celui qui souffre sur la scène de leur vie.

Ce film est un bel hymne à la vie, envers et contre tout.


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Je ne l’ai pas encore lu, mais je vous conseille vivement de lire le dernier livre de Paul Auster, un écrivain américain suffisamment âge aujourd’hui, pour mériter qu’on l’écoute.
J’avais déjà pu lire quelques livres de lui en aimant sans plus, mais en aimant déjà beaucoup. Par contre, je vous encourage à mettre la main sur l’exemplaire de la revue « America » qui lui accord une interview de plusieurs pages. Pour ma part, en lisant cette interview « intelligente » et pleine d’humanité, j’ai pris conscience du regard magnifique de cet homme sur son pays en grande difficulté qui résiste comme il peut à la bêtise et au monde, qui selon l’angle de vue, peut apparaitre désespérant oui plein de vie.
4,3,2,1, allez voir du côté de Paul Auster, il a sans doute quelque chose à vous faire découvrir.


M’appuyer aussi sur ma fatigue.

Comment travailler avec ma fatigue ? Je l’utilise dans la relation thérapeutique. C’est moins fatiguant.